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Amours voilés

Autre titre Hijab el hob

Réalisation Aziz Salmy
Fiction, drame

Pays Maroc / 35mm / Couleur / 109’ / 2008

Image Denis Gravoreil

Son et Musique P.F. Mendez

Montage Pierre Goupillon

Production 2M (Soread), Arts Films Productions, Centre Cinématographique Marocain (CCM), Films de Cléopâtre (Les)

Distribution Arts Films Productions

Avec Mansour Badri, Hayet Belhalloufi, Aziz Hattab, Saâdia Ladib, Younès Megri, Amina Rachid, Houda Sedki

Synopsis Batoul, jeune femme médecin de 28 ans, découvre l’amour. Elevée dans un milieu bourgeois et conservateur où il n’est pas question de fréquenter un homme avant le mariage, elle rencontre Hamza. Elle se laisse aller et transgresse tous les principes qu’elle a toujours revendiqués. Toute cette histoire aurait pu se terminer rapidement et “convenablement”, si le port du foulard ne s’était pas glissé entre les deux protagonistes.

A propos… Le film Amours voilées provoque la colère des islamistes au Maroc. En cause : une histoire mêlant sentiments et religion. Autrement dit : comment sexe et voile peuvent faire bon ménage ? Explosif.
Aziz Salmy ne pensait pas provoquer une telle levée de boucliers. Pour le réalisateur marocain, son premier long métrage ne devait raconter que les histoires d’amour de la jeunesse de son pays. Là où sexe et voile font bon ménage.
Mais depuis que le film est sorti début février sur les écrans marocains, les islamistes ont lancé des appels au boycott et à son interdiction. Pour eux, il nuit à l’image de l’islam. Le député Abdelbari Zemzmi a même déposé une motion au parlement pour retirer le visa d’exploitation du film. Pour cet islamiste influent, Amours voilées souille la religion. Il ne supporte pas que des filles voilées fument le narguilé, se déshabillent, enlèvent leur voile en public, fassent l’amour...

Interview de Aziz Salmy par Sid Ahmed Hammouche.
- Que voit-on dans « Amours voilées » et où est le problème ? Ah mon Dieu ! On voit de belles choses et de belles filles même si elles sont voilées. Mon film dérange parce qu’on peut voir la réalité telle qu’elle est. On a l’habitude de rencontrer des femmes voilées et sexy dans les rues de Casablanca.
Je grossis la chose. Je montre que le voile cache une véritable caverne d’Ali Baba. Et c’est cela qui fait peur. Le cinéma nous renvoie notre image. Pour certains, c’est insupportable. Et pour eux, une femme qui a des relations sexuelles sans être mariée est une prostituée.

- Pourtant vous ne racontez qu’une histoire d’amour… Elle aurait pu passer comme une lettre à la poste, s’il n’y avait pas le voile. Mon film a pourtant pour ambition de lever le voile sur la frange des trentenaires qui ont réussi socialement. Elles restent tiraillées entre leur ambition professionnelle et la tentation d’une vie familiale bien rangée. Comme Batoul, l’héroïne du film, qui se laisse prendre dans le tourbillon de l’amour, se donnant pour la première fois à un homme au mépris des conventions sociales.
- Mais il leur manque, dans leur émancipation, une chose essentielle : un homme. Exactement. Mes actrices s’assument très mal et elles souffrent de ne pas pouvoir fréquenter librement les hommes. Et comme elles ont une trentaine d’années, elles pensent qu’elles doivent bouger et traverser leur désert sexuel. Surtout qu’elles ont sacrifié leur vie amoureuse pour faire des études et réussir dans un monde de machos. Elles se rendent compte qu’elles sont indépendantes et refusent que le choix de leur partenaire soit imposé par la famille. Certaines protagonistes optent pour le foulard pour attirer les prétendants. Et ça marche, les hommes tombent comme des mouches dans le voile alors qu’il cache bien des mystères.
Porter le voile est devenu une mode. Les filles le portent comme un accessoire de mode. D’autres pour draguer, certaines par conviction religieuse. Aujourd’hui, les boutiques islamiques fleurissent et proposent une panoplie de foulards. Moulants, fuschia, bleu ciel, griffés Bulgari, Dior. Autant dire que c’est complètement hypocrite de s’offusquer que j’utilise des actrices voilées dans mon film. Ce bout de tissu n’est le symbole de rien. Or l’habit ne fait pas le moine et le foulard ne fait pas la bonne musulmane. Je connais beaucoup de Marocaines qui se drapent de foulard et qui cachent mille et un flirts. Ce n’est pas un crime, c’est juste la vie.
- Comment marche votre film ? Les chiffres de fréquentation sont excellents. C’est presque les Ch’tis du Maroc. J’ai de la chance. Huit bobines circulent dans le pays. Généralement, ce ne sont que deux, voire quatre. C’est difficile d’exercer le septième art au Maroc. De 300 salles de cinéma, le pays est passé à 90 écrans avec un public rare.

Maghreb des films Du 7 au 20 octobre 2009. projections, débats, rencontres
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