Yamina Benguigui, réalisatrice et productrice française d’origine algérienne, consacre, depuis plus de quinze ans, son travail de cinéaste engagée, à l’exploration des ressorts identitaires et des problématiques liées à l’immigration en France.
De parents algériens kabyles, elle débute sa carrière comme assistante de réalisation, notamment auprès de Jean-Daniel Pollet. Le cinéma de Yamina Benguigui se distingue tout de suite par des sujets consacrés à la mémoire et à la question de l’immigration. En 1990, avec Rachid Bouchareb , elle produit, pendant un an, pour France 3, des émissions hebdomadaires culturelles et musicales, ainsi que des documentaires de société Raï, Nelson Mandela à Paris, Gorée fraternité…
En 1994, elle réalise et produit Femmes d’Islam, un documentaire en trois volets, qui « dresse un constat sur la condition féminine musulmane » dans le monde et en France, qui recevra de nombreux prix nationaux et internationaux.
Son documentaire Mémoires d’Immigrés réalisé en 1998 pour Canal+, a un fort impact lors de sa sortie en salles. Elle y retrace l’histoire de l’immigration maghrébine à travers des témoignages qui rendent compte de la quête d’identité et des effets du racisme.
En 1998, France 2 lui demande d’animer avec Gilles Schneider : Place de la république, une émission de société qui met à l’honneur le débat citoyen. Elle est à nouveau l’instigatrice des débats sur la problématique des territoires bannis en France. Elle aborde, avec son premier long métrage Inch’Allah Dimanche sorti en 2001, sur le mode tragi-comique, la problématique du déracinement au féminin lié à l’immigration. En 2002, elle réalise, pour TV5 (chaîne internationale de la francophonie), 50 modules, sur le thème de la diversité culturelle, à partir de témoignages d’artistes, de créateurs et de journalistes.
Après Place de la République sur France 2, elle présente D’une rive à l’autre de la Méditerranée en 2003. Elle est présidente du FIPA (Festival International de Programmes Audiovisuels) pour 3 ans.
Son documentaire Aïcha, Mohamed, Chaïb…engagés pour la France, sur l’intégration dans l’armée, est diffusé sur France 3 en octobre de la même année, elle reçoit à Florence le prix Il Sigillo della Pace pour l’ensemble de son travail.
Au printemps 2006, Yamina Benguigui, Philippe Dupuis Mendel, Marc Ladreit De Lacharrière (fondateur de Fimalac, Fitch, la revue des deux mondes, etc) créent la société de production " ELEMIAH" (nom de l’ange gardien de Yamina). Il s’agit avec cette société de production de " favoriser la représentation des minorités à la télévision et au cinéma". Elle emploiera des personnes issues de l’immigration et produira des ficitons mettant en scène des héros de toutes les origines. Elle réalise un documentaire pour Canal+, Le 9/3, mémoire d’un territoire, et Aïcha, une série de téléfilms sur le quotidien d’une jeune fille de banlieue, pour France 2 avec Sofia Essaidi dans le rôle principal.
Yamina Benguigui est une des seules réalisatrices en France à prendre son bâton de pèlerin pour aller défricher les terres, réveiller les consciences et animer des débats là où le politique ne va pas.
Filmographie
2010 - Aïcha, job à tout prix, TV, 90’
2010 - Métro, bus, RER, etc… Histoires de vies en commun, documentaire, 52’
2009 - Aïcha,
2004 - Le Plafond de verre - Les Défricheurs, documentaire, 104’
2003 – Aïcha, Mohamed, Chaïb… engagés pour la France, documentaire, 52’
2003 – Convergences, 50x3’
2001 – Pimprenelle, 6’
2001 – Inch’allah Dimanche (Prix de la critique au Festival international de Toronto, Grand prix au 1er Festival international de Marrakech).
2000 – Le jardin parfumé, documentaire, 52’
2000 – Le Grand voyage de Lalla Amina, 10’
2000 – La Télévision, une compagnie bruyante pour une solitude muette, 15’
1999 – Un jour pour l’Algérie, documentaire
1997 – Mémoires d’immigrés, l’héritage maghrébin, documentaire, (7 d’or 1998 du meilleur documentaire, Golden Gate Award au Festival de San Francisco) 3x52’
1996 – La Maison de Kate, un lieu d’espoir, documentaire, 52’
1994 – Femmes d’Islam, documentaire, 3x52’
