Réalisateur Hicham Ayouch
Scénario et Dialogues Hicham Ayouch et Lee Hey-Jun
Image Hicham Ayouch
Son Aïcha Haroun Yacoubi, Saleh Ben Saleh, Mohammed Aouragh
Montage Franck Pairaud et Khaled Salem
Producteurs Hicham Ayouch et Ahmed Belghiti
Production et Distribution Videorama
Pays Maroc / 35mm / Couleur / 75’ / 2009 Fiction, Comédie dramatique
Avec Abdesellem Bounouacha, Marcela Moura, Noureddine Denoul, Mohamed Aouragh.
Inédit en France. Projeté à la 9ème édition du Festival international du film festival de Marrakech et au 11ème Festival du film de Tanger où il a été consacré pour le meilleur rôle féminin.
Synopsis Tanger, ville mystérieuse et magique, où se croise une foule d’âmes perdues qui errent dans ses dédales enfumés. Dans cette ville folle, trois marginaux en quête d’amour et de délivrance vont se rencontrer et s’aimer : Abdelsellem, un homme brisé qui sort de prison, Noureddine, son meilleur ami, et Marcela, une brésilienne fantasque, excessive et suicidaire.
A propos… Précédé d’une odeur de soufre, Fissures, de Hicham Ayouch, a été un véritable choc pour les spectateurs du Festival international du film de Marrakech. C’est l’un des coups de cœur du festival et le public attendait, fébrile, la projection de Fissures. On vous avait promis un film choc, vous allez être servi.
Hicham Ayouch, déjà auteur des Arêtes du cœur, filme ici l’errance de trois marginaux qui s’abîment dans l’alcool, la drogue et la passion. Hurlements, bagarres, scènes de sexe extrêmement crues, Ayouch n’épargne rien au spectateur. D’ailleurs, dans la salle, nombreux se sont levés au cours de la projection, sans doute mal à l’aise.
Ayouch filme avec beaucoup de poésie l’interaction entre la folie de ses personnages, leur perte de repères et les rues sombres de Tanger. Au coin de chaque ruelle de la ville blanche, d’autres marginaux surgissent, sniffeurs de colle, fumeurs de haschich, sans papiers, comme si la ville ne cessait d’enfanter la folie et la déshérence.
Fissures est aussi une histoire d’amour. En s’installant dans la vie des deux hommes, Marcela fait entrer la passion dans leur existence et les entraîne dans sa propre descente aux enfers. La comédienne, Marcela Moura, est terriblement juste. Elle porte tout le film sur ses épaules et parvient à incarner la folie sans verser ni dans l’hystérie ni dans la caricature. Elle est d’autant plus étonnante qu’au naturel, elle donne l’impression d’une femme extrêmement douce et discrète.
Le film d’Ayouch est un véritable exercice de style, qui se situe plus du côté du cinéma expérimental que de la narration classique. Disposant d’un très petit budget et d’une équipe réduite, il a fait le choix de tourner sans scénario, en laissant à ses acteurs le soin d’improviser. Un pari risqué, mais tenu haut la main. Sans doute parce qu’Hicham Ayouch a su s’entourer de comédiens atypiques, qui ont accepté de côtoyer la folie.
Après la projection, les spectateurs en parlent avec passion. Certains ont adoré, d’autres ont trouvé ça insupportable mais Fissures n’a, en tout cas, laissé personne indifférent. Dans un café, deux jeunes femmes discutent. L’une d’elle soupire : « Tu vois, j’en suis encore toute retournée. Ça m’a fait quelque chose mais je ne sais pas… C’est comme un malaise qui continue à vivre en moi. » _ (9/12/2009, Leïla Slimani, envoyée spéciale Jeune Afrique)
9e Festival International du Film, Marrakech
Prix du Meilleur rôle féminin, 11e Festival du Film, Tanger
