Biographie
Né en 1936 à Atar, en Mauritanie.
Depuis l’Ecole Hôtelière Internationale de Rabat, au Maroc, où il apprend son premier métier de cuisinier, cinquante ans se sont écoulés !
Cinquante ans forgés au « nomadisme » de ses origines - une famille, qui au gré des mariages ou des guerres, s’est installée au Mali, au Maroc, au Sahara, en Algérie ou au Sénégal.
Cinquante ans d’un regard exercé à l’observation des sociétés et pays qu’il a traversés.
Cinquante ans durant lesquels il se forge une conscience politique citoyenne.
Il arrive à Marseille en 1959, puis s’installe à Paris, où il vit de petits métiers et s’inscrit à des cours de théâtre tout en dévorant les livres de Louis Jouvet et de Stanislavski.
Sa rencontre avec la grande comédienne, Françoise Rosay l’encourage.
Vient l’époque où il joue « les classiques » : Shakespeare, Molière, Racine… puis, celle où il décide que les Africains se doivent d’être représentés au théâtre par le biais d’auteurs ou de comédiens.
Il fonde sa propre compagnie théâtrale "Griotshango" en 1966 avec le guadeloupéen Robert Liensol. Il met en scène des auteurs africains ou antillais, René Depestre, Aimé Césaire, Daniel Boukman puis en 1969, l’Oracle de Guy Menga jouée à Paris par des Africains et des Antillais.
Il réalise ses premiers films en 1967 et 1969. Cinéaste engagé, il est auteur, producteur et distributeur d’une quinzaine de longs métrages de fiction et documentaires.
Egalement acteur au cinéma, il a joué dans Un homme de trop de Costa Gavras (1966), Tante Zita de Robert Enrico (1967), Promenade avec l’amour et la mort de John Huston (1969), Antilles sur Seine de Pascal Légitimus (2000). Il est aussi la voix de Eddy Murphy au cinéma.
Filmographie
2008 - Le Premier des noirs : Toussaint L’Ouverture
2004 - Fatima, l’Algérienne de Dakar
1998 - Watani un monde sans mal
1994 - Lumière noire
1986 - Sarraounia
1979 - West Indies… Les nègres marron de la liberté
1977 - Nous aurons toute la mort pour dormir
1972 - Les Bicots-nègres, vos voisins
1969 - Soleil O
Florilège
Med et la France
"… Sur les écrans, au théâtre, l’Afrique, moi, les bicots-nègres, les basanés, un continent était absent des images du monde. Je ne comprenais pas pourquoi j’étais absent de cette histoire. Il fallait que je remplisse ce vide."
"Je ne suis pas ici par hasard. Mon oncle est mort pour libérer la France et moi, travaillant ici, je suis chez moi au même titre que les Français qui travaillent en Mauritanie sont chez eux là-bas"
Une vision du cinéma
“Lorsque je fais des films sur les immigrés, je m’interroge sur la raison de leur présence, leur origine, les raisons du racisme. … Je ne suis ni américain ni français. Je ne fais pas de films sur Jeanne d’Arc parce que ça n’est pas mon histoire. Je considère que devant vivre en France pour des raisons économiques et politiques, je dois profiter de cette situation pour montrer la réalité de ceux qui vivent de l’autre côté de la Méditerranée…"
L’Afrique et le cinéma
Au risque de me répéter et de choquer quelques uns, je dirai une fois encore qu’en Afrique il existe des cinéastes et pas encore de cinéma africain, comme existe un cinéma latino-américain, japonais, indien, chinois, européen ou russe.
Il n’y a malheureusement pas de nouvelle vague de cinéastes africains, ni de génération spontanée qui fait la course en tête, par arrivisme ou par jalousie….Il n’y a que des cinéastes, anciens et nouveaux qui mendient à l’extérieur du continent le budget de leur production. Hier comme aujourd’hui, nous pouvons certifier qu’il n’y a pas de cinéaste « arrivé » en Afrique. Pas encore ! Tous tirent le diable par la queue et certains un peu plus chanceux que d’autres négocient avec ce même diable au détriment de leur conscience. C’est leur choix et personne n’a à y redire !
“L’avenir du cinéma africain est directement lié à l’avenir de l’Afrique et à ses habitants. Si des nouveaux leaders se préoccupent réellement du devenir de leur peuple en développant avant tout l’éducation, la santé, l’agriculture, l’élevage et l’emploi… le cinéma, les films deviendront un besoin, et même une nécessité. Voyez l’Inde ! C’est également le rôle des cinéastes de lutter et de faire comprendre les besoins du cinéma et de l’image comme facteurs de développement et de connaissances.”
Anonymat et télévision
“Je n’ai jamais cherché la gloire pour la gloire et je ne fais pas du cinéma pour du cinéma. L’anonymat ne me gêne guère et ce qui me manque ce sont les moyens de réaliser mes films dans des conditions honorables. Je préfère la discussion avec les spectateurs plutôt que des shows médiatiques insipides. Il arrive que certaines télévisions me demandent de participer à leurs plateaux… (rarement) le plus souvent leurs émissions sont sans intérêt où les questions de fond ne sont jamais abordées…il s’agit le plus souvent de guignolades débilitantes ou je me sens très mal à l’aise. Il y a aussi sûrement un peu de censure qui ne dit pas son nom.”
La démocratie en Afrique
“Pour juger une démocratie en Afrique, il faut éplucher son contenu et voir le résultat sur les visages et la vie réelle des gens. Pour aller vite je dirai, qu’à de rares exceptions près, la démocratie en Afrique avance à la vitesse d’une tortue percluse de rhumatismes. Tout reste à faire”.
‘’J’ai rêvé comme tout mauritanien d’un changement au pays au point de ne plus y croire parfois, tellement je suis scandalisé par la stagnation, la corruption, le tribalisme et la loi du plus fort de régimes carnassiers et incultes qui pillent et qui exploitent sans vergogne un pays et un peuple !’’
