Né en avril 1948 à Korba, Tunisie.
A la fois conteur, écrivain et réalisateur, il est aussi auteur et illustrateur de plusieurs publications littéraires.
Très tôt bercé par l’univers du conte, il obtient en 1966 une bourse de l’Unesco pour étudier le cinéma à Paris. En 1972, il part à la recherche des conteurs dans la médina de Tunis, et ce travail de collecte lui inspirera quatre films autour du conte et des conteurs.
C’est en 1975 avec la publication du livre « L’Ogresse », un conte calligraphique, qu’il participe en France au renouveau du conte, notamment en initiant des ateliers de formation de conteurs.
Conteur contemporain, il se situe toutefois dans la tradition des conteurs d’Orient et donne à entendre des adaptations des contes issus de la tradition orale tunisienne.
En 1982 et 1988, il raconte durant un mois Les Mille et Une nuits au Théâtre National de Chaillot à Paris, chaque soir une nouvelle histoire, 25 heures de récit dans une scénographie de Yannis Kokkos.
Deux de ses films, Les baliseurs du désert et Le collier perdu de la colombe ne seront pas projeté dans le monde arabe, y compris en Tunisie, ce qui pousse Khemir à s’indigner « face aux sociétés arabes mettant à l’écart leur propre culture ».
Dessinateur, sculpteur, il est aussi calligraphe et expose ses travaux en particulier au centre Georges Pompidou en 1980 et au Salon du Livre de jeunesse de Montreuil.
Nacer Khemir est un vrai touche-à-tout. Un artiste accompli qui fouille dans les diverses expressions artistiques pour ouvrir le chemin de l’imaginaire. Figure de proue de la scène culturelle nationale et vrai homme de culture dans les sens les plus spécifiques et appropriés du terme, il cherche ici et là, explore toutes les idées et revisite toutes les pistes pour esquisser les ponts du dialogue entre les cultures du Nord et celles du Sud, entre l’Orient et l’Occident.
« Conter, c’est simplement l’occasion de révéler, de toucher, de se promener avec chacun comme une ombre secrète, et cela est magique. C’est une promenade invisible des âmes et c’est pour cela que les gens partent avec ce sentiment de légèreté presque de bonheur. Le conteur leur a permis non seulement de s’évader, mais d’aller au c½ur de ce qu’ils sont. On ne donne rien à personne qu’il n’a déjà en lui. Comme un petit rayon de soleil qui éclaire subitement un sentiment délicat ou un plaisir secret. Le conte est comme un télescope, quelqu’un s’en approche-t-il qu’il voit aussitôt mille choses voler à lui. »
Nacer Khemir
Filmographie
2005 - Bab’ Aziz, le prince qui contemplait son âme
1994 - Le Collier perdu de la colombe
1991 - A la recherche des Mille et une nuits
1984 - Les Baliseurs du désert
1976 - Histoire du pays du Bon Dieu
1975 - Le Mulet
Rédigé le 30/7/2011
