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MAGHREB DES FILMS 2016 : RENDEZ-VOUS LES 24, 25, 26 NOVEMBRE

Chers ami(e)s, l’édition 2016 du Maghreb des Films vous attend pour de nouveaux rendez-vous !

Nouvelle soirée "L’Effet aquatique" jeudi 24 novembre à 18h30 au cinéma Le Saint-André des Arts, avec deux films tournés en Super-8 et 16mm

Dans le cadre de notre thématique "Exil et migrations", nous vous proposons un film sur le retour au village natal mais aussi un film sur l’exil (ou comment le pays quitté devient le pays rêvé).

Azayz

de Ilias El Faris (12’, 2015, Maroc/France)

Abdoullah, six ans, chemine sur la côte et rencontre d’étranges hommes de mer.

Projection en présence de Ilias El Faris

Brûle la Mer

de Nathalie Nambot et Maki Berchache (75’, 2015, France/Tunisie)

Dans l’élan de la révolution tunisienne, après la chute de Ben Ali, 25 000 jeunes tunisiens ont pris la mer vers l’Europe, via Lampedusa. Maki Berchache est l’un d’eux. A partir de son histoire, de fragments d’images, de récits, avec ses amis de voyage ou rencontrés à Paris, Brûle la mer revient sur cette tentative de liberté et la violence d’une hospitalité refusée. Comment le pays quitté devient le pays rêvé.

Puis à 21h, toujours au cinéma Le Saint-André des Arts, nous poursuivrons la soirée avec la thématique "Le cinéma en quête de son indépendance : Filmer la rue, sans autorisation"

En 1956, il y a soixante ans, le Maroc et la Tunisie accédaient à l’Indépendance. La libération de l’image est pourtant toute relative après les Indépendances : les régimes encadrent, bureaucratisent, limitent le cinéma. Comme Ahmed Bouanani après lui (mis à l’honneur en 2015), Mohamed Osfour en paiera le prix : cet autodidacte, pionnier du cinéma marocain, qui réalisa à la fin du Protectorat de nombreux courts-métrages d’aventures, qu’il interprétait, tournait, développait, montait et distribuait lui-même, ne parviendra à réaliser après l’Indépendance que deux longs-métrages professionnels.

Depuis le milieu des années 1960, quelques expérimentateurs plus audacieux tentent pourtant d’outrepasser le discours et le cadre productif officiels, à commencer par la Fédération Tunisienne des Cinéastes Amateurs (FTCA), fondée dans les années 60 et toujours très active. Nous vous proposons une rétrospective parcellaire et subjective de ces entreprises libres, libertaires, novatrices ou contestataires : de ce cinéma de résistance, dont il s’agit de compenser l’invisibilité, en amenant en salles, parfois pour la première fois, des films indépendants, amateurs, étudiants, censurés ou inachevés.

Un premier combat, de cet « autre » cinéma, c’est d’abord la lente conquête inachevée de la liberté de filmer dans la rue sans autorisation.

Ibn Al Ghaba

de Mohamed Osfour (8’ (extraits), 1941, Maroc)

Premier film amateur tourné par Mohamed Osfour, encore adolescent, et le premier film de fiction jamais tourné par un marocain. Pour son premier film, Mohamed Osfour décide de rejouer les aventures de Tarzan dans la forêt d’Aïn Diab, en lisière de Casablanca : c’est le scénario d’aventures le plus économique...

6 et 12

de Ahmed Bouanani et alii (18’, 1968, Maroc)

"Nous avons choisi des images à travers une ville - des instants - temps cloîtré ouvert carapaçonné fenêtres dans le vide des yeux fermés entrebâillés agrippés - absence et solitude des pavés mouillés d’une fête morose qui s’est terminée, peut-être le noir l’a absorbée l’a enfermée, dans des cadenas par delà des clés rouillées immensément grandes et des portes qui ne tiennent plus - soudain l’ombre - soudain le geste le bruit de pas - la mer ou le silence - le silence ou le cri - l’attente ou l’angoisse - le sommeil ou l’insomnie - le signe de la lumière jaillit - le cœur entre deux chiffres nos visages pris dans la tourmente les deux chiffres gravés au blanc sur des fronts des regards des corps qui vont tourner dans la tourmente réglés comme des aimants." (A. Bouanani)

La Longue Journée

de Mohamed Abbazi et Donna Woolf (1969, Maroc, inachevé, extraits)

Le calvaire quotidien des femmes issues de l’exode rural du bidonville des Carrières Centrales (Hay Mohammadi), qui s’en vont chercher un travail de bonne à la journée en lisière des marchés chics du centre-ville. Pour ramener de quoi nourrir et vêtir leurs enfants, elles n’ont parfois d’autres choix que de se prostituer...

My Makhzen and me

de Nadir Bouhmouch (41’ (st.ang), 2012, Maroc)

A l’été 2011, Nadir Bouhmouch, alors étudiant en Califonie, retourne au Maroc et le trouve en état d’ébullition. Après les soulèvement en Tunisie et en Egypte, c’est le mouvement du 20 février au Maroc. Mais le "Makhzen" refuse de relâcher son emprise. Ce film interroge ce qui a entraîné cette révolte, et les obstacles qu’elle a rencontrés dans son combat pour la liberté, la démocratie, les droits humains et contre la corruption et la pauvreté.

On the road

de Adnen Meddeb (8’ [en hommage à Adnen Meddeb], 2011, Tunisie)

Je ne me considère pas cinéaste je suis vidéaste ayant une vision et une analyse un peu différente. On the road, je l’ai réalisé en 2011 dans la rue les confrontations. C’était dans le cadre de la Fédération Tunisienne des Cinéastes Amateurs (FTCA), fini en mai 2011, il est passé dans quelques festivals, c’était pour moi juste une vision d’un chemin d’un processus révolutionnaire, un espoir dans cette jeunesse visionnaire. Adnen Meddeb

Cinéma le Saint-André des Arts (30, rue Saint-André des Arts 75006 Paris)

Vendredi 25 novembre à 18h30 au cinéma Le Saint-André des Arts, Soirée "Le cinéma en quête de son indépendance : Contre-histoires"

Avant-première exceptionnelle du dernier film de l’enfant terrible du cinéma marocain où celui-ci réitère sa quête d’un modèle productif alternatif, et d’une contre-histoire d’un Maroc contemporain toujours hanté par les fantômes des « années de plomb » :

Starve your dog

de Hicham Lasri (94’, 2015, Maroc)

Dans un studio de tournage en ruine, une équipe de télévision attend l’arrivé d’une personnalité haute en couleur pour ce qui va être un reportage sur sa vie. Entre dysfonctionnement et comédie, l’équipe de tournage réapprend à se connaître après une très longue séparation et tous les rifs du passé rejaillissent amplifiés par les longues années de séparation. Ce qui a jadis été une sorte de famille professionnelle révèle les fêlures et les haines et du coup influe en mal dans le déroulement de cette journée de tournage qui coïncide avec le dernier jour de Ramadan.

Le film sera précédé par :

La Laine sur le dos

de Lotfi Achour (15’, 2016, Tunisie)

Le long d’une route du désert tunisien, un vieil homme et son petit-fils à bord d’un vétuste camion transportant des moutons se font immobiliser par deux gendarmes. Pour qu’ils puissent repartir, la situation débouche sur la proposition d’un curieux "marché"...

Ensuite à 21h, une exploration des voie détournées du conte et de la métaphore, de l’animation, du pastiche et de la vidéo satirique, pour raconter une autre histoire que la version officielle des périodes précoloniales, coloniales et autoritaire.

Mémoire 14

de Ahmed Bouanani(24’, 1971, Maroc)

Mémoire 14 est à l’origine un poème écrit par Bouanani en 1967. Réalisé à partir des archives filmées du Centre Cinématographique Marocain, le film se veut un récit du Protectorat Français au Maroc, vu par les mémoires nourries de mythes des Marocains.

Mohammadia

de Ahmed Bennys (32’, 1974, Tunisie)

Ce "brillant film d’animation satirique" (F. Boughedir) raconte avec un humour féroce la fascination du bey de Tunisie pour l’Europe, son entêtement à construire un Versaille à Tunis (la Mohammadia), et la lente descente aux enfers d’une Tunisie cruellement endettée, jusqu’au Protectorat...

Diaspora

de Alaeddin Aboutaleb (13’, 2015, Tunisie)

L’histoire d’une Tête qui vit seule dans un fauteuil roulant pendant de longues années dans son Appartement au centre-ville de Tunis. Elle tombe dans la routine en subsistant sur les médias, jusqu’à ce qu’un jour elle soit surprise par une annonce d’emploi. En fin compte, elle finit par abandonner son isolement et quitte son fauteuil roulant.

Le cuirassé Abdelkrim

de Walid Mattar (8’, 2003, Tunisie)

Un pastiche du Cuirassé Potemkine : la révolte des visas refusés...


Journal d’un homme important

de Alaeddine Slim (9’, 2010, Tunisie)

Série de 4 vidéos satiriques contre le régime de Ben Ali, réalisées entre le 24 et le 31 décembre 2010, quelques jours avant la chute du dictateur.

Cinéma le Saint-André des Arts (30, rue Saint-André des Arts 75006 Paris)

Samedi 26 novembre à 18h30 au cinéma Le Saint-André des Arts, soirée exceptionnelle, AVANT PREMIÈRE de :

Derrière la vague

de Fethi Saïdi (100’, 2016, Tunisie)

Suite aux événements liés à la chute du régime de Ben Ali, des dizaines de milliers de Tunisiens ont pris le large dans l’espoir d’entamer une nouvelle vie sur l’autre rive de la Méditerranée. Depuis plusieurs années, des centaines de jeunes « harragas » sont portés disparus. Beaucoup de familles gardent la certitude de leur survie et continuent de réclamer des explications quant à la réalité de leur situation après leur débarquement en Italie.
La caméra nous emmène à la Cité Ennour, un des quartiers de la périphérie de Tunis, habité par des Tunisiens issus en grande majorité de la région de Kasserine. C’est dans cette région que vivaient la plupart des disparus et où une trentaine de familles souffrent de la disparition de leurs enfants partis sans laisser de nouvelles.
Le film nous plonge dans un contexte social qui continue encore à pousser des Tunisiens à quitter clandestinement le pays. C’est à travers le quotidien de deux personnages que nous immergeons dans la réalité du quartier.
Hamed, réparateur de télévision à la cité, est père de famille de quatre enfants, dont deux partis en Italie. L’un deux est porté disparu depuis mars 2011. Le film traite de cette absence du fils, dans la famille de Hamed, comme dans d’autres familles du quartier.
Mohamed, longtemps tenté par l’immigration s’est finalement résigné à rester au pays pour vivre de la collecte des déchets qu’il récupère dans la plus grande décharge publique de Tunis. Comme beaucoup d’autres habitants du quartier, il ne lui reste que cette activité pour pouvoir entamer sa nouvelle vie de famille après une adolescence partagée entre la collecte dans la déchetterie, la délinquance et la prison.

Puis à 21h, nous poursuivrons notre thématique "Le cinéma en quête de son indépendance : Sortir de la ville, décentrer le regard" :

Un dernier axe, les tentatives répétées pour braquer la caméra vers des réalités invisibles et indésirables : la misère et l’exploitation des campagnes et la saignée de l’exode rurale et de l’émigration ; les avortements clandestins et les abandons d’enfants en lisière des villes du Maroc contemporain – exposant une société qui condamne à l’illettrisme, l’illégalité et l’illégitimité toute une part de sa population féminine et enfantine.

Mon village, un village parmi tant d’autres

de Taieb Louhichi (20’, 1972, Tunisie)

Taieb Louhichi filme et dénonce les conséquences de la "saignée de l’émigration" dans un petit village du sud-tunisien.


Le Métayer

de Taieb Louhichi (25’, 1974, Tunisie)

Nasr est un « métayer » originaire d’un village du sud tunisien, âgé d’une soixantaine d’années. Il travaille depuis des dizaines d’années la parcelle de terre que lui a confiée le propriétaire. Les péripéties de ses journées de travail permettent de prendre conscience des problèmes auxquels sont confrontés quotidiennement Nasr et ses semblables « métayers » et petits « fellahs ».

Ouled El Abed

de Ridha Ben Halima et Hafedh Mezgheni (15’, extraits, 1978, Tunisie)

Dans la veine des films d’intervention de la FTCA, ce film dénonce la situation d’un village rural tunisien démuni de tout et particulièrement d’école : il dénonce l’illettrisme auquel ses enfants sont condamnés par l’incurie des dirigeants.

En dehors de la ville

de Rim Majdi (19’, 2014, Maroc)

Assia se fait déposer à la sortie de la ville pour une raison que son ami Amine ignore. Saïd, le mécanicien du garage qu’elle ne connaît pas, est, lui, au courant. En attendant de rencontrer la mère de Saïd, Assia passe avec lui une journée dans ce lieu peu familier.

J’ai une maman

de Mahassine El Hachadi (17’, 2009, Maroc)

Aïcha a 40 ans et a fondé une association qui vient en aide aux enfants abandonnés. Son destin et celui de Hayat, une mère célibataire de 20 ans, sont désormais lié au sort d’une vingtaine d’enfants, tous âgé de moins de 7 ans. Les deux femmes tentent de leur assurer un semblant de vie familiale et se substituent tant bien que mal à leurs mères. Un fragile équilibre. Pourront-elles répondre à l’appel de leurs enfants s’ils avaient tous besoin d’elles au même instant ?

Cinéma le Saint-André des Arts (30, rue Saint-André des Arts 75006 Paris)

LE MAGHREB DES FILMS 2016, C’EST JUSQU’AU 16 DÉCEMBRE ! LA SUITE DE LA PROGRAMMATION ICI (PAR DATES), ICI (PAR THÈMES), ET ICI (PAR LIEUX)

EN ATTENDANT DE VOUS RETROUVER, NOUS VOUS PROPOSONS DE DÉCOUVRIR LE SPECTACLE F(L)AMMES DE AHMED MADANI À LA MAISON DES METALLOS

Avec : Anissa Aou, Ludivine Bah, Chirine Boussaha, Laurène Dulymbois, Dana Fiaque, Yasmina Ghemzi, Maurine Ilahiri, Anissa Kaki, Haby N’Diaye, Inès Zahoré

Textes et mise en scène : Ahmed Madani
L’auteur-metteur en scène a constitué un groupe d’une dizaine de jeunes femmes nées de parents immigrés pour explorer ensemble leurs identités multiples, leur sensibilité, leur désir de prendre la parole, de jouer, danser, rire, creuser en elles, se raconter. Explorer leur intimité, comprendre leurs doutes, leurs peurs, sont les moteurs de cette création partagée. Au moment où les discours populistes se développent et où les replis identitaires refont surface, cet acte esthétique et poétique fera entendre une parole trop souvent confisquée.

Jusqu’au 4 décembre !

du mercredi au samedi → 20h
sauf le jeudi 17 novembre → 14h
le dimanche → 15h
durée 1h35
à partir de 13 ans
tarifs de 5 à 14 euros