Réalisation Alain Tasma
fiction / 2005 / 1H48 mn / TV (Canal +))
Distributeur Les Acacias
Editeur DVD Bac Vidéo
avec Clotilde Courau, Ouassini Embarek et Florence Thomassin
Synopsis Le 17 octobre 1961, 30 000 Algériens gagnent le centre de Paris pour une manifestation pacifique, à l’appel du FLN. Dans la soirée, des milliers de personnes sont arrêtées. Dans les jours qui suivent, on repêche des cadavres dans la Seine.
Le film croise les destins de personnages qui ont, chacun, une vue partiale et partielle de la situation : Sabine, journaliste ; Nathalie, porteuse de valises ; Martin, jeune flic sans engagement politique ; Tierce, policier syndicaliste ; Tarek, ouvrier de nuit non militant ; son neveu, Abde, qui suit des cours du soir ; Ali Saïd, cadre du FLN ; Maurice, coordonnateur de la Fédération de France du FLN. A ces personnages s’ajoute une figure historique : le préfet Papon.
Chaque fois qu’un réalisateur tente de parler et de mettre en images, l’histoire avec un grand H, le risque est grand de se laisser happer par l’aspect manichéen d’un conflit (et plus encore s’il s’agit d’une fiction). Ici, pourtant, Alain Tasma retrace avec une grande sincérité et une impartialité étonnante l’escalade des tensions en plein Paris, l’exacerbation d’un sentiment de haine entre algériens et policiers et le chaos qui s’en suivra. La limite est ténue entre le bien et le mal, les bons et les méchants, mais grâce au scénario de Patrick Rotman les comportements paraissent réalistes, chaque détail a été méticuleusement bien écrit.
Le spectateur se retrouve devant une fiction à l’allure de documentaire.
Nuit Noire 17 octobre 1961 marque les esprits par ses propos forts mais aussi par sa décoration. Le Paris des années 60 - ses usines, ses rues, ses commissariats, ses habits - se matérialise sans défauts devant nos yeux, rendant le long-métrage encore plus éprouvant et dramatique.
Le travail de l’équipe d’acteurs est aussi à pleinement saluer. Chacun participe avec sa personnalité à rendre compte de cet événement, le jeu est appuyé mais sans fausses notes, les répliques sont justes, les mouvements paraissent inévitables. Vingt-cinq ans après le 17 octobre 1961, le puzzle de l’événement se reconstruit grâce à la persévérance, au talent de réalisateur d’Alain Tasma et au talent d’écrivain de Patrick Rotm
Le film a reçu le grand prix du scénario au Festival international des programmes audiovisuels (FIPA) de 2005 Biarritz et a été en sélection de plusieurs festivals étrangers tels que ceux de Toronto, Montréal, Dubaï, San Francisco, New York...
