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Art du Mezoued (L’)

Synopsis

L’art du Mezoued est un film documentaire qui relate le parcours et le vécu des artistes Mezoued, éclaire sur les composantes musicales et sociales d’un pan entier du patrimoine tunisien, mais surtout un film qui chante et danse, célèbre la joie et le talent populaires et sème quelques grains de mémoire collective…

Thèmes : Musique , Art, patrimoine et culture

Réalisateur(s) : Chamkhi, Sonia

Pays de production : Tunisie

Type : Long métrage

Genre : Documentaire

Edition du festival : Maghreb des films novembre 2010

DVD disponible dans la DVDthèque du Maghreb des films (prêt possible aux programmateurs)

Image : Hacen Amri

Son : Yahia Dridi

Montage : Karim Hamouda

Production : Slim Amamou, Moustaches


Avec : Abdelkrim Benzarti, Hédi Donia, Abdelkrim Fitouri, Mohsen Matri, Abdelmajid Zarga, Mohamed Montassar Jébali, Boulboul, Gadour, Majdi Abbès

Bande Annonce

Commentaires Nées dans les Faubourgs pauvres et marginalisés ; enfants de l’exode rural qui entassa leurs parents aux portes de la médina noble, bourgeoise et sacrée, à Bab Jedid et Bab Laqouess, et aux alentours encore plus démunis de Jebel Lahmer et de Mellassine, ils ont porté leur instrument, la cornemuse (mezoued), et le Mezoued, le chant populaire qui, par métonymie, en porte le nom, aux diapasons.
Certains ont connu l’épreuve de l’alcool, de la drogue ou de la prison. Tous ont dû vaincre la pauvreté, le mépris social et plus encore l’exclusion commise par l’establishment musical et l’intelligentsia tunisiens des années 70 et 80.
Certains sont devenus des vedettes consacrées à l’instar de Salah Farzit, étoile des années 70 qui compte des dizaines de tubes trans-générationnels. Étoile, aujourd’hui déchue, malgré l’immense répertoire et l’indiscutable talent.
Quelques-uns ont traversé toutes les crises et continuent à connaître la consécration si ce n’est le vedettariat, tels que Hédi Donia et Hédi Habouba.
Nombreux sont ceux qui ont sombré dans l’oubli, à l’instar de Moustapha Gattel Essid, aujourd’hui, l’un des derniers détenteurs de la Silsila, la chaîne de noubas dévotionnelles, version sacrée du Mezoued, dédiée à la louange des Saints, jadis largement diffusée à Tunis, y compris au sein de la communauté juive pour accompagner certains rituels.
Certains ont une reconnaissance et une gloire, peu médiatique, mais certaine et concrète à l’instar de Noureddine El Kahlaoui et Mohsen Matri. D’autres ont brillamment réussi, à l’instar de Achraf et de Abdelkrim Benzarti, étoiles montantes qui se doivent de se maintenir au diapason. Les plus jeunes cherchent leur jour de chance en continuant à se produire dans les fêtes familiales et dans les lieux publics (café, salons de thé, cabarets, salles de spectacles..). De Hay Ettadhamen à Zahrouni, chaque quartier des cités tentaculaires de la capitale a sa troupe de Mezoued, ses chanteurs, ses poètes, ses compositeurs et ses joueurs de Mezoued, de Darbouka (percussion) et de Bendir. (tambourin)..
Ils s’appellent Farzit, Gattel Essid, Donia, Jormana, Loucif, Matri, Habouba, Ramzi, Kahlaoui, Benzrati, Ben Gamra, Badous, Fitouiri (…), leur instrument, leur chant, leur voix, leur musique, festifs et grivois où pointe parfois la rage des exclus, le désespoir des taulards, l’amour inconditionnel pour la mère et les blessures de l’abandon ou de la traitrise de la femme aimée, ont triomphé de l’interdiction d’antenne qui frappa leur art de l’indépendance de la Tunisie jusqu’à 1990. Ils ont forgé l’amour et la fidélité d’un public tunisien qui les porta aux nues. Une consécration et un succès populaire fulgurant et maintenu, voire plus encore, jusqu’à nos jours.
Un triomphe qui propulsa les chanteurs Mezoued, au-delà de la seule capitale tunisienne, pour embraser tout le territoire du pays et bien au-delà des frontières, à Tripoli, Alger, Casa et dans les capitales européennes, Paris, Bruxelles, Berlin, à forte présence d’immigrés maghrébins…