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Don’t Panik, (entre rap et islam)

Synopsis

Rappeur et musulman ? Certains pensent que c’est incompatible. Pourtant, nombre d’artistes évoluent dans le hip hop sans mettre de côté leur spiritualité. De la Suède à l’Algérie en passant par les Etats-Unis, la France, le Sénégal et la Belgique, six rappeurs expriment leur dualité. Portrait croisé positif et constructif, loin des clichés et des amalgames.

Thèmes : Musique , Portrait

Réalisateur(s) : Maameri, Keira

Pays de production : France

Type : Long métrage

Genre : Documentaire

DVD disponible dans la DVDthèque du Maghreb des films (prêt possible aux programmateurs)

Année : 2010

Durée : 52’

Scénario : Keira Maameri

Image : Keira Maameri

Son : Keira Maameri

Montage : Hélène Lanfranchi

Production : Derniers de la classe Productions

Avec : A.D.L. (Suède), Doug E Tee (Sénégal), Hasan Salaam (États-Unis), Manza (Belgique), Médine (France) et Youss (Algérie).

Bande Annonce

Les musulmans, sont plus que jamais stigmatisés par les médias. Le mouvement hip hop, et le rap en particulier, n’ont pas échappé aux clichés de “racaille” véhiculés par ces mêmes médias. Connaissant une autre image des musulmans et des rappeurs, je me devais d’en rendre compte. Il ne faut pas nier qu’il existe un débat d’interprétation des textes sacrés pour déterminer si la musique est ”hallal” (autorisée) ou “haram” (illicite). Je voulais donc comprendre comment ces artistes, qui ont fait le choix de la musique, se débattaient avec les questions de l’Islam. Keira Maameri

Extrait d’un entretien réalisé par Katia Touré 

Quelle démarche y-a-t-il derrière la réalisation de vos documentaires ? – Je dirais que je fais ce que je peux, avec ce que j’ai, sur ce que je connais, parce que je suis, entre autre, de culture hip-hop. Je privilégie le mode “freestyle” (rires). Toutefois, quand je vais voir mes interlocuteurs, je n’y vais pas avec la caméra au poing. Il s’agit pour moi de ne pas les effrayer, d’apprendre à les connaître. Quand je décide de me pencher sur les rappeurs musulmans, il n’y a aucun calcul. C’est un processus naturel. Je ne suis pas là pour faire passer un quelconque message. Et je m’érige encore moins en porte-drapeau de la culture hip-hop en France. D’ailleurs, ce n’était pas mon intention première de faire des films sur cette culture.

S’il y a vraiment une matrice ou un fil rouge à travers mes trois documentaires, je ne verrai pas tant le hip-hop, mais plutôt comment une minorité arrive à se faire une place au sein d’une majorité. Comment on arrive à exister au sein d’une machine dans laquelle les pièces ne se ressemblent pas. Me cantonner au hip-hop serait réducteur, même si c’est une culture pour laquelle je ne ressens aucune honte. Quand j’ai terminé “Don’t panik”, une amie communicante a rédigé un résumé entre mon travail et ma bio. C’est là que j’ai réalisé que j’avais, à mon actif, trois films sur le hip-hop. C’est grave de le dire, mais en toute honnêteté, je ne m’en étais pas rendue compte.

Vos films ont une dimension très intimiste, comment l’expliquez-vous ? – Je travaille au corps ceux que je filme, peut être. En douceur, toutefois (rires). Je le dis souvent en riant mais je pense que c’est parce que je suis humaine et que je leur donne de l’importance. Il y a un travail en amont : passer du temps avec eux, rester à l’écoute et surtout ne pas y aller avec mes aprioris. C’est comme rencontrer des personnes pour la première fois avec qui, au fil de la discussion, l’échange et la confiance s’installent. Ce n’est pas inédit. Et puis il n’y a pas qu’une seule façon de faire du documentaire. Chacun y va avec sa méthode. Moi, je suis dans l’affect.

Votre regard sur le hip-hop a-t-il évolué après la réalisation de vos films ? – Ce n’est pas tant sur le hip-hop que mon regard a évolué. J’ai plus été touchée par la multitude de positionnements auxquels j’ai été confrontée par rapport à un fait, une recherche, des choses qui concernent chacun. J’ai aimé me frotter à différentes individualités, différents ressentis, différents vécus.

La problématique autour de “Don’t Panik ”, est : “Peut-on faire de la musique quand on est musulman ?”. Une question qui peut paraître anodine mais que beaucoup de musulmans se posent. Ces rappeurs, ont un réel souci de bien faire, conformément à la pratique de leur foi. Ce n’est pas tendance dans nos sociétés occidentales d’avoir une foi, d’être pratiquant. Être athée, ouvert à tout, est plus à la mode. Et puis il y a ce regard visà-vis de l’Islam, une religion qui fermerait à tout. Ce qui ressort de ce film est ce qu’être rappeur aujourd’hui, ce qu’est être musulman aujourd’hui dans des différents pays. J’ai eu le sentiment de donner la parole à des gens qui font la société telle qu’elle est. Nous sommes pluriculturels, multicolores, de différentes confessions ou pas.