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Khadra et les Autres Une vie à la cinémathèque

Synopsis

Khadra & les autres raconte un pan de l’histoire de la cinémathèque d’Alger à travers le parcours d’une de ses employées : Madame Khadra Boudehane. De 1965 à 2005, elle fut tour à tour caissière, ouvreuse, placeuse pour finir responsable de la salle. Cette expérience de toute une vie à la cinémathèque l’a amené à côtoyer des monstres sacré du 7ème art mais aussi à participer à l’éveil cinématographique de plusieurs générations de jeunes algérois...

Réalisateur(s) : Merad, Sihem

Pays de production : Algérie , France

Genre : Documentaire

Année : 2015

Durée : 30’

Scénario : Sihem Merad

Image : Julien RAOUT

Son : Florian DRAUSSIN

Musique : Abdelhakim Ait Aissa, Hamza Kharouba, Lounes Bennari, Malik Ziad, Zoheir Mokhtari, Reda Zitouni

Production : Troisième Monde Production, en coproduction avec UNE CHAMBRE A SOI et L’Institut Français d’Alger, Le FRESNOY Ecole des arts contemporains Avec la participation de La cinémathèque algérienne, Visuality Production, Musée d’Art Moderne d’Alger, l’Entreprise du Métro d’Alger et le soutien du Ministère Algérien de la Culture.

La personnalité de Khadra résume à elle seule une des fonctions essentielles de la cinémathèque : l’université de demain. Khadra incarne ce symbole de l’algèrianité, de la féminité triomphante. Elle s’est approprié des valeurs dont on pensait que les femmes étaient incapables ou pas disposées à accomplir. Elle a montré tout au long de sa carrière qu’elle pouvait être femme algérienne et en même temps assumer des responsabilités, en l’occurrence celles liées à la Cinémathèque d’Alger. Khadra a été l’accompagnatrice de l’éveil cinématographique de plusieurs générations en Algérie. On ne peux espérer aujourd’hui que d’autres Khadra surgissent et que la Cinémathèque retrouve le statut qui était le sien.

Extrait d’un entretien réalisé par Dzayer 24

Je suis une fille de la rue Tanger, et Alger-centre est mon quartier. Adolescente, j’ai fréquenté le collège Ali-Harriched. Mon itinéraire quotidien était les rues et les recoins des rues Tanger et Larbi-Ben M’Hidi. En 2006, j’ai réalisé mon premier film documentaire Premier Plan Algérie, puis un second film documentaire Un cinéma à tout cri. En faisant ces films, qui donnent un coup de projecteur sur la jeune production cinématographique algérienne, j’ai découvert peu à peu la Cinémathèque algérienne. En 2009, on l’a fermée durant deux ans pour travaux. Je passais tous les jours pour voir l’avancement des travaux et c’est là que j’ai fait la connaissance de Boualem Boukhroufa et Jaffar Ouali, employés de la Cinémathèque. Ils me racontaient tous les jours pleins d’histoires et d’anecdotes sur la Cinémathèque jusqu’au jour où ils m’ont présenté Khadra Boudehane. C’était le déclic. J’ai eu l’idée de faire un film documentaire sur cette institution à travers son personnel d’encadrement. Je n’avais pas envie de raconter l’histoire de la Cinémathèque à travers les grands réalisateurs du monde qui y sont passés. Le côté prestige ne m’intéressait pas mais plutôt le côté humain. Ajoutez à cela l’ancrage géographique de la cinémathèque. Son emplacement au cœur d’un des quartiers les plus populaires de la capitale. On a tendance à croire que c’est seulement une certaine d’élites et une certaine classe sociale fréquentent ce genre de lieu mais en réalité non. Je me suis rendue compte que la cinémathèque grouillait de monde tous genres confondus. Il y avait plus de mille personnes par jour.

Pourquoi avoir choisi Khadra Boudehane pour raconter la Cinémathèque d’Alger et pas Boudjemaâ Karèche ou Ahmed Hocine ?
...J’avais envie de rester au niveau du personnel d’encadrement, l’enrichir d’anecdotes de Khadra, cette femme attachante qui a travaillé toute sa vie dans cet univers réservé aux hommes.

Pourquoi n’êtes-vous pas revenue sur l’historique da la cinémathèque dans votre film documentaire ?
C’est un choix. J’avais envie d’inscrire mon film dans le présent, je n’avais pas envie de faire un film historique. Il y a les livres pour ça, ils sont là pour raconter toute l’histoire de la cinémathèque. Pourquoi refaire ce qui a déjà été dit ou fait ? Je n’avais pas envie de parler de la cinémathèque dans le sens de dire qu’avant, le cinéma algérien était bien et qu’aujourd’hui il est catastrophique. J’avais envie de parler du présent, de ceux qui ont fait et qui donnent toujours au cinéma… C’est pour ça que le personnage de Samira Kaddour est extraordinaire. Il représente tout le travail d’encadrement et de soutien de ses employés. Cette jeune femme a débuté son travail à la cinémathèque en tant que caissière, puis elle a été prise sous l’aile de Boudjemaâ Karèche et de Khadra. Elle est devenue projectionniste et actrice.

Festivals

Avant Première , Alger, 2015

Les Journées Cinématographiques D’Alger, 2016

Festival International du Film Panafricain, Cannes, 2016