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Même pas mal

Synopsis

Ce film relate les deux luttes que Nadia El Fani a menées pendant qu’elle réalisait son film Laïcité Inch’Allah !. Sa lutte contre les extrémistes et les attaques violentes dont elle a été la cible et sa lutte contre la maladie.
"Deux combats qui se rejoignent dans une volonté très forte de vivre, de vivre libre. Mon esprit de rébellion s’est développé certes par mon histoire familiale, il n’est pas anodin d’être fille de communistes, mais aussi par mon profond besoin et donc désir de liberté. J’ai toujours considéré que mes films ne parlaient que de ça : La liberté. Pourquoi faire un film pour raconter les "conséquences d’un film" ? Cela me permet de continuer la lutte et de dire une fois de plus que « "eux qui vivent sont ceux qui luttent" (Victor Hugo)."

Thèmes : Révolution tunisienne

Réalisateur(s) : Perèz, Alina Isabel , El Fani, Nadia

Pays de production : Tunisie

Type : Long métrage

Genre : Documentaire

Edition du festival : Maghreb des films nov. déc. 2012

DVD disponible dans la DVDthèque du Maghreb des films (prêt possible aux programmateurs)

Année 2012 / 66’

Montage Nadia El Fani, Alina Isabel Perèz

Production K’ien Productions ; contact@kien.fr

Distributeur TV5 Monde


En 2011, quelques mois après la révolution en Tunisie et la chute du président Ben Ali, Nadia El-Fani sortait le film Laïcité Inch’Allah !. Un documentaire qui revient sur la place de l’islam dans la société tunisienne et s’interroge sur la possibilité d’un avenir politique laïc dans le pays. 

A la sortie du film en Tunisie, la réalisatrice déclare dans une interview qu’elle n’est pas croyante. S’ensuit une vague de colère et de haine : le cinéma de Tunis où le film est projeté est attaqué. Nadia El-Fani reçoit des messages d’insultes et des menaces de mort. C’est pour répondre à ces violences et à cette campagne de diffamation contre sa personne qu’elle réalise le film Même pas mal, dont la première mondiale vient d’avoir lieu à Cologne dans le cadre du festival de cinéma africain « Au-delà de l’Europe ».
Le documentaire évoque en parallèle la douloureuse lutte contre le cancer et les attaques dont Nadia El-Fani fait l’objet : des photos publiées sur internet, où on la voit défigurée, transformée en diable. Ses détracteurs ne reculent devant rien et se moquent même du fait que son traitement de chimiothérapie l’ait rendue chauve.
Mais le film relaie aussi l’inquiétude de la réalisatrice de voir la liberté d’expression et la culture perdre du terrain en Tunisie, suite à l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement islamiste.
Malgré ce que veulent faire croire tous ceux qui l’attaquent, dans ses films, Nadia El-Fani n’a jamais critiqué la religion ni l’islam en tant que tels. Aux images d’extrémistes qui refusent tout dialogue, elle oppose des témoignages de musulmans modérés, qui s’expriment en faveur du respect de toutes les croyances et opinions.
Lors de la projection à Cologne, le film a été salué par un tonnerre d’applaudissements du public, et suivi d’une longue discussion avec la réalisatrice.

BioFilmographie

Nadia El Fani commence dans le cinéma en tant qu’assistante à la réalisation. D’origine tunisienne, elle côtoie des réalisateurs français et européens tels que Roman Polanski, dans Pirates, Alexandre Arcady, dans Le Grand Carnaval en 1983, ou encore Romain Goupil, dans Maman.

En tant que réalisatrice, c’est néanmoins dans les court-métrages et les films institutionnels que Nadia El Fani semble s’épanouir. La cinéaste réalise également plusieurs clips musicaux, avec notamment Francis Cabrel ou encore Catherine Lara.

Très impliquée dans l’espace socio-culturel de son pays, la Tunisie, El Fani, réalise en 2002 Bedwin Hacker. A travers cette fiction, la réalisatrice veut raconter l’histoire de personnages décalés, rebelles, marginalisés mais résistants, face cachée de cette société à la fois moderne et réactionnaire qu’est devenue l’Afrique du Nord aujourd’hui. Six ans plus tard, dans son documentaire Ouled Lénine, elle retrace l’histoire du communisme en Tunisie, qui est en même temps l’histoire de sa propre enfance. La cinéaste pose ainsi un regard différent sur les habitants et la culture du Maghreb.

En 2011, Nadia El Fani s’attaque à un sujet épineux, celui de la l’activisme laïque en Tunisie, dans son nouveau long-métrage, Laïcité Inch’a Allah !, peu avant et peu après la chute de Ben Ali, entre 2010 et 2011. Pour ce film, la réalisatrice a fait l’objet de plusieurs menaces de morts en Tunisie. ■