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Yema

Synopsis

Une petite maison abandonnée, isolée dans la campagne algérienne.
Ouardia y a enterré son fils Tarik, militaire peut-être tué par son propre frère Ali, dirigeant d’un maquis islamiste. Elle est surveillée par un des hommes d’Ali, amputé d’un bras suite à une explosion. Dans cet univers crispé par la douleur et figé par la sécheresse, la vie va peu à peu reprendre ses droits. Grâce au jardin que Ouardia fera refleurir à force de courage, de travail et d’obstination. Grâce au gardien, victime lui aussi, finalement adopté par Ouardia. Grâce surtout à l’arrivée entre eux de l’enfant de Malia, une femme aimée des deux frères, morte en accouchant.
Mais Ouardia n’est pas au bout de ses épreuves. Ali, le fils maudit, revient, grièvement blessé…

Thèmes : Guerre civile en Algérie , Algérie

Réalisateur(s) : Sahraoui, Djamila

Pays de production : France , Algérie

Type : Long métrage

Genre : Fiction , Drame

DVD disponible dans la DVDthèque du Maghreb des films (prêt possible aux programmateurs)

Année : 2012

Durée : 90’

Scénario : Djamila Sahraoui

 Image : Raphaël O’Byrne

Son : Sébastien de Monchy

Montage : Catherine Gouze

Décor : Mourad Zidi

Productions Déléguées : Neon Productions, Les Films de l’Olivier

Distribution France : Aramis Films

Production étrangère : AARC

 LanLangue Langue de tournage : Kabyle

Avec : Djamila Sahraoui, Samir Yahia, Ali Zarif

Bande Annonce

Yema, c’est la Mère en arabe algérien.
Ici, la mère biologique et la mère patrie, l’Algérie. Cette mère-là a engendré un fils militaire et un fils islamiste.
Deux fils maudits qui se battent pour le pouvoir, pour l’amour de la même mère, pour l’amour de la même femme, une femme qui à son tour engendre un enfant dont on ne sait lequel des deux frères est le père.
Mais tous sont les enfants de cette terre arrosée de tant de sang et de tant de larmes, durcie de tant de souffrances accumulées.


C’est un pays méditerranéen. L’Algérie. Mais aussi la Grèce, berceau des tragédies antiques que je lis et relis depuis mon enfance. Terres de beauté époustouflante données aux hommes par des dieux magnanimes et généreux. Mais, craignant qe les hommes s’ennuient de toute cette beauté, les mêmes dieux leur ont donné les familles. Et c’est parti ! Antigone, Eteocle et Polynice, Médée, les Atrides... Familles qui vont se déchirer et s’entretuer sur plusieurs générations, dans des drames et des conflits qui résonnent depuis l’Antiquité.

Décor antique
J’ai cherché dans les montagnes algériennes le lieu idéal qui serait le décor de cette tragédie antique. Ce décor est une espèce de paradis, alors que l’histoire est une horreur. Il fallait un lieu isolé, loin de toutes les pollutions de la modernité technique mais néanmoins accessible aux outils et aux accessoires de la modernité cinématographique.

Il y fallait des oliviers, symboles torturés du temps qui dure.
Il y fallait aussi des collines pour donner du volume à l’image de ce huis clos en plein air.

Il y fallait enfin le silence de la nature qui sied à ce film presque muet.
Le paradis se mérite
Quand nous avons enfin trouvé tout ça réuni, il a quand même fallu aménager. En fait, Mourad Zidi, le chef décorateur, a entièrement reconstruit ce décor naturel. Pour des raisons cinématographiques d’abord, proprement techniques.

Mais aussi parce que je voulais pour mon histoire une sorte de théâtre où se jouerait la tragédie. Au fur et à mesure que la mère travaille sa terre et la fait revivre, l’équipe du film recréait le décor : plantations de légumes, d’arbres et de fruits aux différentes étapes de leur maturité, réparation du puits et des murs de la maison marqués par le temps, etc. Ainsi en cinq semaines de tournage, plusieurs saisons sont représentées dans le film.
Mais c’est le travail de l’équipe, pas de la nature : le paradis n’est pas donné, il se mérite !

Le film est une histoire de corps, de corps à corps. On se bat toujours avec quelque chose ou avec quelqu’un. On s’affronte les uns les autres. On se confronte à la violence, à la douleur et au désespoir. On lutte avec la nature, la terre, la sécheresse, les éléments.

Djamila Sahraoui


Yema, de Djamila Sahraoui / Les enjeux de l’entre deux (Article de Olivier Barlet)

De l’histoire classique d’une mère et de ses fils aux parcours opposés, Djamila Sahraoui tire un film formidablement sensible et épuré dont les images s’enfoncent en nous pour ne plus nous lâcher. Son refus de tout effet n’empêche pas le film d’être tendu de bout en bout. Elle ne distille les détails qu’au compte-goutte, si bien que le spectateur doit lui-même en composer les tenants et choisir l’ampleur de la métaphore. Entre la lumineuse splendeur de la nature et les clairs obscurs des intérieurs de la ferme se joue la résistance d’un pays qui doit retrouver dans son actuel entre deux la féminité et les logiques de vie qui lui assureront un avenir.

CRITIQUE PRESSE

« Les images sont d’une sensualité époustouflante, en immersion totale avec les éléments naturels : l’eau si rare, est si présente. Il y a aussi le feu qui brule les souvenirs, la terre qui défie l’homme et l’air qui flirte avec la possibilité d’une liberté. Un très grand film ! » RFI

« En un seul lieu ( un petit village de Kabylie, en Algérie) et pendant 90 minutes, avec seulement sept personnages, le film réussit l’exploit de tenir en haleine les spectateurs, de maintenir l’incertitude jusqu’au bout. Une interprétation magistrale ! » AFRICINE.ORG

« En épurant, en laissant au spectateur toute liberté pour entrer dans son film, la cinéaste nous y raconte une tragédie universelle et un pan de l’Histoire de l’Algérie, et livre au final un film magnifiquement personnel. » CRITIKAT.COM

« Un film formidablement sensible et épuré dont les images s’enfoncent en nous pour ne plus nous lâcher. » AFRICULTURES.COM

« Yema est un film d’une très grande beauté autant qu’il est cruel et tendu. Une belle histoire et un très beau film à découvrir dès que possible. » LE BLOG DU CINEMA

« La présence de Djamila Sahraoui, devant et derrière la caméra, et l’espression de son regard remplacent bien des mots. » STUDIO CINE LIVE

« La réalisatrice conte un monde âpre, une guerre fratricide, l’impensable pardon et la possibilité de la vie. Un film exigeant et scotchant. » PREMIERE

« Djamila Sahraoui a réussi une impressionnante parabole sur les déchirements fratricides d’aujourd’hui. Le décor de ce magnifique film est d’une majesté antique. » TELERAMA

« Yema est un film de résistance, situé du coté des mères qui ont enduré la perte et le dueil. C’est avec beaucoup de force et de courage que Djamila Sahraoui campe ce personnage de mère.. » LE MONDE

« Yema impressionne par sa force évidente, presque minérale. Djamila Sahraoui, qui incarne elle-même la mère, est d’une intensité aussi remarquable que bouleversante. Un film sobre, beau et fort ! » LA CROIX

« Une ode magnifique aux campagnes algériennes, terres de vie à reconquérir pour que l’espoir puisse renaître de ses fruits. Dire que l’on ressort bouleversé par Yema relève de l’euphémisme. Un film essentiel.. » AVOIR-ALIRE.COM

« Sur un canevas de tragédie antique, la cinéaste signe un film sec et bouleversant. Un cri vengeur, silencieux et assourdissant, lacérant le mur du silence imposé aux victimes sacrifiées au nom de la réunification nationale. » CINEOBS

« Yema est un film d’une grande beauté autant qu’il est cruel et tendu. Une belle histoire et un très beau film à découvrir dès que possible. » LE BLOG DU CINEMA

« Une tragédie antique tissé de guerres fratricides, d’impossibe pardon, et d’une force existentielle inouïe. Déroutant et puissant. » BANDE A PART

« Un formidable sens du cadre sachant utiliser les contrastes du paysage, à la fois lumineux et coloré, et profondément sombre et terne. » ABUS DE CINE.COM

« Un film métaphorique qui doit beaucoup au charisme de Djamila Sahraoui. Tragique et lumineux. » STUD’ ORLEANS

Festivals

Mostra internationale de cinéma de Venise (Italie, 2012)

Festival international du film francophone de Namur (Belgique, 2012)

Festival international du film de Dubai (Emirats arabes unis, 2012)

Festival international du film francophone de Tübingen | Stuttgart (Allemagne, 2013)

Chicago International Film Festival (Etats-unis, 2013)

Festival international du film de Rio de Janeiro (Brésil, 2013)

Festival International du Film de Münich (Allemagne, 2013)